
Démonter votre licence Microsoft coûte plus cher que la garder — et ce n'est pas là qu'est l'économie
Guy WASSEU
Auteur
On me demande souvent de faire baisser une facture Microsoft. J'ai fini par prendre le problème au sérieux et par tout recalculer, ligne par ligne, sur les tarifs de liste publics. Voici ce que j'ai trouvé — y compris ce qui contredit ce que j'allais dire.
Tous les montants ci-dessous ont été relevés le 9 septembre 2026 sur les pages officielles des éditeurs, en dollars américains, par utilisateur et par mois, engagement annuel. Les tarifs Microsoft sont ceux de la grille entrée en vigueur le 1er juillet 2026 : toute comparaison fondée sur des chiffres antérieurs est aujourd'hui fausse. Aucun montant n'a été estimé.
J'ai commencé par le calcul inverse, et il m'a arrêté net
L'intuition de tout le monde, la mienne comprise : Microsoft 365 E5 est cher, donc on prend E3 et on rachète à la pièce ce dont on a réellement besoin. J'ai fait l'addition.
- Microsoft 365 E3 : 39,00 $
- Microsoft Entra ID P2 : 10,00 $
- Defender for Office 365 Plan 2 : 5,00 $
- Power BI Pro : 14,00 $
- Intune Plan 2, qui est lui-même un add-on obligatoire à Intune Plan 1 : 4,00 $
Total du démontage : 72,00 $. Microsoft 365 E5, tout compris : 60,00 $.
Le démontage coûte 20 % de plus que le paquet. Et il manque encore Defender for Endpoint Plan 2 et Purview, qui ne sont même pas vendus à un client qui n'a pas E3.
C'est désagréable à écrire quand on vend du conseil : le paquet Microsoft est un bon achat — pour qui s'en sert. Il n'y a rien à gratter dans le catalogue. Toute promesse d'optimisation qui repose sur « on va recomposer votre licence à la pièce » est fausse, et l'arithmétique le dit en cinq lignes.
L'économie est ailleurs. Elle est dans le fait que, sur deux cent cinquante personnes, il n'y en a pas deux cent cinquante qui ouvrent Power BI.
Le fait structurel que peu d'organisations ont intégré
Pendant dix ans, la bureautique a été le socle et tout le reste un supplément. Ce n'est plus vrai, et c'est récent :
- Microsoft 365 E3, la suite bureautique d'entreprise : 39,00 $
- Microsoft 365 Copilot, l'assistant vendu en add-on : 30,00 $
- Claude Team, un assistant complet, à partir de deux sièges : 20,00 $
- ChatGPT Business, à partir de deux sièges également : 20,00 $
Le siège d'assistant coûte la moitié du siège bureautique. L'assistant est devenu moins cher que le traitement de texte. Une fois qu'on a vu ça, la question suivante s'impose : si l'outil qui produit la valeur coûte moins que le socle sur lequel il repose, pourquoi payer le socle le plus lourd du catalogue ?
Le même poste de travail, à trente-quatre dollars ou à soixante-neuf
Prenons un poste de cadre : messagerie professionnelle, applications Office installées, stockage, visioconférence, et un assistant capable de travailler sur ses documents.
- Microsoft 365 E5 + Copilot : 90,00 $
- Microsoft 365 E3 + Copilot : 69,00 $
- Business Premium + Claude Team : 42,00 $, soit 39 % de moins
- Business Standard + Claude Team : 34,00 $, soit 51 % de moins
Et pour une organisation qui ne peut pas transiger sur la sécurité du poste, Business Premium à 42 $ apporte Entra ID P1, Intune Plan 1, Defender for Business et Defender for Office 365 Plan 1 — c'est-à-dire une protection du poste de travail qu'E3 seul n'a pas, pour vingt-sept dollars de moins.
Ce que vous perdez, et je préfère le dire avant
Une comparaison qui ne montre que la colonne des prix est un argumentaire de vente. En face des trente-cinq dollars d'écart, voici ce qui disparaît réellement.
- Le plafond de 300 utilisateurs. Les plans Business y sont plafonnés, cumulés sur toute la famille. Au-delà, le montage s'effondre et il faut repasser en Enterprise. C'est la limite la plus dure de tout ce que j'écris ici.
- Les droits Windows Enterprise. Business Premium ouvre droit à Windows 11 Pro, pas à Windows 11 Enterprise. Si votre parc en dépend, la question est tranchée d'avance.
- La moitié de la boîte aux lettres. 50 Go contre 100 Go sur E3 et E5.
- Defender Suite et Purview Suite deviennent inaccessibles. Elles exigent E3 comme socle. Ce n'est pas une question de prix, c'est une question d'éligibilité.
- L'ancrage de l'assistant dans le document. C'est la différence la moins visible et la plus réelle. Copilot s'exécute dans Word et Excel, le curseur dans le document, et lit l'index du locataire avec les droits de chaque personne. Un siège Claude ou ChatGPT est une surface séparée, reliée par connecteurs. Les 34 $ et les 69 $ achètent le même résultat par deux chemins différents, et le chemin compte pour les équipes qui vivent dans Excel.
Et Google ? Les deux éditeurs ne rationnent pas la même chose
Google Workspace Business Standard coûte 14,00 $, Gemini compris, contre 69,00 $ pour E3 + Copilot. Un cinquième du prix. Si la comparaison s'arrêtait là, cet article serait fini.
Elle ne s'arrête pas là. Microsoft rationne par le paquet : chaque fonction a un prix, chaque prix est publié, et l'on paie pour des fonctions qu'on n'ouvre jamais. Google rationne par le quota : le siège est bon marché, presque tout est « inclus », et c'est l'usage qui est plafonné.
Voici ce qu'« inclus » veut dire, sur la page officielle de Google :
- Docs, rédaction et mise en forme assistées : 5 actions par mois
- Sheets, fonction IA : 5 000 par mois
- Slides, génération de présentation : 100 diapositives par mois
- Et dans Business Starter à 7 $ : aucun accès à Gemini dans Docs, Sheets ni Slides
Cinq actions par mois dans Docs. Cinq. Un rédacteur professionnel épuise ce quota dans la matinée. C'est le chiffre qui interdit de mettre le siège Google à 14 $ et le siège d'assistant à 20 $ sur la même ligne : l'un est un assistant, l'autre est une dégustation.
Deux conséquences : Business Starter n'est pas un poste équipé, et si votre organisation a une obligation d'archivage légal, votre vrai prix d'entrée est 22 $ et non 14 $, parce que Google Vault n'est pas dans Business Standard.
Je ne veux pas être injuste : Google publie ces plafonds noir sur blanc, avec les dates d'entrée en vigueur. C'est rare et c'est honnête. Et il fait plusieurs choses nettement mieux — 2 To par utilisateur au même prix, des outils de migration depuis Exchange, SharePoint, OneDrive et Teams inclus sans surcoût, l'édition des fichiers Office sans conversion, et une coexistence documentée pendant une bascule. Un point mérite d'être salué : chez Google, monter en gamme achète de la sécurité, pas de l'IA — les plafonds Gemini sont identiques de Business Standard à Enterprise Plus.
Mais la moitié de sa gamme n'a pas de prix public : toute la famille Enterprise, et ses trois éditions Frontline. Là où Microsoft affiche F1 à 3,00 $ et F3 à 10,00 $ pour les postes de terrain, Google n'affiche rien — il faut parler à un commercial. Pour un directeur informatique qui veut arbitrer avant d'engager une conversation commerciale, c'est un vrai déficit.
Le chiffre le plus désagréable ne désigne aucun fournisseur
J'ai modélisé deux organisations — cinquante postes et deux cent cinquante — avec une répartition volontairement banale : 20 % de direction et de cadres, 40 % d'employés de bureau, 40 % de terrain. Coût annuel des licences, pour cinquante puis deux cent cinquante postes :
- E3 + Copilot pour tout le monde : 41 400 $ puis 207 000 $
- E3 pour tout le monde : 23 400 $ puis 117 000 $
- Microsoft segmenté par profil : 10 440 $ puis 52 200 $
- Socle recomposé, avec un assistant sur les 60 % qui produisent de l'écrit : 14 880 $ puis 74 400 $
Entre le réflexe « E3 + Copilot pour tout le monde » et le socle segmenté : 132 600 dollars par an sur deux cent cinquante postes.
Et l'essentiel de cet écart ne vient pas d'un changement d'éditeur. Entre « E3 pour tout le monde » et « Microsoft segmenté », en restant intégralement chez Microsoft, il y a déjà 55 %.
Aucun de ces dollars n'a été décidé à Redmond. Ils ont été décidés en interne, le jour où l'on a choisi une seule référence pour tout le monde parce que c'était plus simple à administrer. C'est une mauvaise nouvelle et une bonne à la fois : ce qui a été décidé chez vous peut être corrigé chez vous.
Deux détails où l'écart devient absurde
Le stockage froid. Au-delà du quota inclus, le téraoctet d'archive coûte 51,20 $ par mois chez Microsoft 365 Archive, 153,60 $ chez Microsoft 365 Backup, et 6,95 $ en stockage objet spécialisé. Sept fois. Vingt-deux fois pour la sauvegarde. Attention toutefois : le « zéro frais de sortie » affiché par certains hébergeurs n'est pas inconditionnel — l'un le limite à une fois le volume stocké par mois, facture un téraoctet minimum et impose quatre-vingt-dix jours de rétention. Lisez la foire aux questions tarifaire, pas la page de prix.
Le dégroupage de Teams. Microsoft vend désormais chaque suite avec et sans Teams, et beaucoup y ont vu une économie. E3 sans Teams à 30,45 $, plus Teams Enterprise à 8,55 $, font exactement 39,00 $ — le prix d'E3 avec Teams. Au centime près. L'économie n'existe que si l'on renonce à Teams, et c'est une tout autre décision.
Enfin, la hausse du 1er juillet 2026 mérite d'être lue dans le bon sens. E5 a augmenté de 5 %, E3 de 8 %. La licence terrain F1 a augmenté de 33 % et F3 de 25 %. Ce sont les postes qui consomment le moins qui ont pris la plus forte hausse — et ce sont précisément ceux que personne ne regarde en préparant un renouvellement. Si vous avez plus de cent licences frontline, votre facture a bougé cette année sans que rien ne change pour vos équipes.
Ce que cette étude ne dit pas
Une étude qui ne dit pas où elle s'arrête n'est pas une étude.
- Ce sont des tarifs de liste américains. Les grilles européennes et les tarifs revendeurs s'en écartent. Aucun montant de cet article n'est un prix camerounais.
- Rien de public ne garantit ces tarifs au Cameroun. Google avertit que ses plans annuels ne sont proposés que dans certains pays, sans publier la liste ; un mécanisme de tarif régional réduit existe, sans liste ni taux. Microsoft n'a aucune vitrine camerounaise. Le prix applicable ici se constate au devis.
- Aucune remise n'est modélisée — ni volume, ni engagement pluriannuel, ni conditions revendeur.
- Le coût du changement n'est pas chiffré : migration, reprise des habitudes, formation, double run, accompagnement des réfractaires. Sur un an, il peut dépasser l'économie de licence.
- Beaucoup de briques n'ont aucun prix public — Google Workspace Enterprise, ses éditions Frontline, ChatGPT Enterprise, la plupart des éditeurs de sécurité. Ces lignes sont restées vides plutôt qu'estimées.
Et non, je ne vais pas vous annoncer un pourcentage
Tous les écarts ci-dessus sont des écarts de tarif de liste sur des organisations types. Ce ne sont pas vos écarts.
Le chiffre qui vous concerne sort d'un relevé de vos licences en place, de vos sièges réellement actifs et de ce qui est payé deux fois — ou il ne sort pas. C'est l'objet de notre audit des licences : un inventaire, un scénario de bascule et un chiffrage établi sur vos licences réelles, pas sur une moyenne de marché. Aucune économie n'est annoncée avant l'audit.
Un audit gratuit n'est pas un audit : c'est un argumentaire de vente. Le nôtre est facturé 2 700 000 FCFA au forfait, et son livrable vous reste acquis, que vous poursuiviez avec nous ou non.
L'étude complète, en douze pages. Tout ce qui est résumé ici — les tableaux détaillés, la comparaison des sept montages, la colonne de ce qu'on perd et les limites de l'exercice — existe en document. Demandez-le et nous vous l'envoyons : par WhatsApp au +237 692 15 15 92, par courriel à [email protected], ou sur Telegram.
Sources
